Minage des cryptomonnaies et écologie : deux notions incompa...
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Minage des cryptomonnaies et écologie : deux notions incompatibles ?

Alors que les problématiques environnementales sont au cœur de l’actualité, l’impact écologique du minage des cryptomonnaies devient lui aussi un enjeu majeur. L’un des cryptoactifs les plus connus, le Bitcoin, est même l’archétype des cryptos très consommatrices en énergie.

Face à cette prise de conscience, le lancement du projet Terra Pool par DMG Blockchain Solutions et Argo Blockchain est novateur en matière de réduction de l’empreinte écologique des cryptomonnaies. À l’initiative du premier pool minier vert, ces entreprises espèrent bien révolutionner l’impact du Bitcoin sur notre planète.

Nous décryptons pour vous les effets insoupçonnés des cryptomonnaies sur l’environnement et les initiatives moins énergivores mises en place.

L’impact des cryptomonnaies sur l’environnement

La surconsommation électrique dans ce secteur vient du fait que la plupart des cryptomonnaies répertorient chacune de leur transaction dans un livre public dédié. C’est ce que l’on appelle la technologie de la chaîne de bloc ou blockchain. Cela garantit certes une complète transparence, mais demande une surveillance par les mineurs, et donc la résolution de problèmes mathématiques qui nécessitent des ordinateurs performants.

Ainsi, les lourdes conséquences écologiques des cryptomonnaies viennent surtout du minage, directement relié au travail d’un grand nombre d’ordinateurs très puissants et donc très consommateurs en énergie. Problème : les cryptodevises vont tendre à se démocratiser dans un avenir proche et, de facto, peser plus sur l’environnement.

 

Le cas du minage du Bitcoin

Pourquoi le minage du bitcoin a -t-il un tel impact sur l’environnement ?

Le minage est nécessaire à l’existence même du Bitcoin, sans lui cette cryptomonnaie ne subsisterait pas. Ainsi, des mineurs, qu’ils soient des entreprises ou des particuliers, créent des blocs et reçoivent des bitcoins en échange de leur activité. C’est ce que l’on appelle la « preuve de travail » (proof of work). Celle-ci garantit certes la décentralisation et la sécurité du réseau, mais nécessite une puissance de calcul conséquente.

Si le Bitcoin est l’une des cryptomonnaies les plus populaires au monde, ce n’est pas par hasard. En février 2021, 1 heure de calcul pouvait rapporter 4 millions de dollars aux mineurs, selon la société d’analyse Glassnode. En réalité, pour assurer la sécurité du réseau, 6,25 bitcoins sont créés toutes les 10 minutes. Ces derniers peuvent être récupérés par l’un des mineurs du réseau. Ainsi, des fermes de minage, composées de milliers de systèmes informatiques surpuissants se multiplient. Elles se sont véritablement imposées dans le paysage mondial pour garantir un service global.

En plus de cela, la dépense énergétique du Bitcoin est en lien avec son cours. Il faut savoir que sa valeur a été multipliée par 5 en une année !  Cela attire des nouveaux mineurs équipés de machines aussi puissantes que gourmandes en énergie. Voir le cours du Bitcoin actuel.

Le coût écologique du Bitcoin en chiffres

Le minage de Bitcoin nécessite une grande quantité d’électricité. Il est vrai que les énergies renouvelables sont de plus en plus courantes dans le domaine des centrales électriques. Malheureusement, cela ne suffit pas à contrebalancer les impacts écologiques de cette cryptomonnaie. Voici quelques données marquantes qui illustrent le poids du Bitcoin sur l’environnement :

  • Pour chaque transaction de Bitcoin, 300kg de dioxyde de carbone (CO2) sont émis. C’est ce que révèle le spécialiste des données à la Banque centrale néerlandaise Alex de Viries.
  • Les mines de Bitcoin se concentrent dans certains pays. Cela provoque une concentration de la consommation d’énergie à des endroits précis du globe. A titre d’exemple, la Chine abrite à elle seule 65 % de l’activité de minage planétaire. Cela est véritablement problématique car l’électricité du pays provient surtout d’énergies fossiles.
  • À ce rythme, le minage du Bitcoin dépassera les 296 térawatt-heures de consommation électrique en 2024 en Chine, selon une récente étude parue dans Nature Communications.
  • Une transaction de Bitcoin à elle seule nécessiterait près de 707 kilowatt-heures d’énergie électrique. Cela correspond à l’électricité consommée par un foyer moyen aux Etats-Unis pendant 24 jours.

Confronté à cette réalité, Bill Gates a affirmé dans une interview du New York Times début mars :

« Le Bitcoin utilise plus d’électricité par transaction que toute autre méthode connue de l’humanité ».

Le milliardaire a même ajouté que cette cryptomonnaie nécessitait plus d’électricité pour chaque transaction que n’importe quel autre procédé.

 

Des alternatives moins consommatrices en énergie

Le Projet Terra Pool

Pour réduire l’impact du minage de Bitcoin, les entreprises DMG Blockchain Solutions et Argo Blockchain se lancent un défi. Elles ont ainsi choisi créer le premier pool minier de Bitcoins, alimenté totalement par de l’énergie verte, notamment de l’hydroélectricité.

Initié par de véritables expertes de l’univers des crytpos, ce nouveau projet a de quoi étonner plus d’un. En effet, Argo Blockchain est un acteur majeur dans l’exploitation de mines de bitcoins en Amérique du Nord. Quant à DMG Blockchain Solutions, c’est une société qui crée des solutions numériques respectueuses de l’environnement, dans le but de monétiser l’environnement blockchain. C’est donc une alliance prometteuse qui s’est créée pour cette innovation de grande envergure. Le projet Terra Pool permettrait ainsi de réduire la consommation énergétique du minage de Bitcoin, sans compromis avec la rapidité de transaction.

Initiatrices en la matière, les deux entreprises espèrent bien éveiller une conscience écologique dans le domaine et inciter d’autres firmes à en faire de même.

Des solutions écologiques pour le minage de cryptomonnaies qui se multiplient

D’autres solutions plus douces pour l’environnement avaient déjà été mises en place dans le sillage de la prise de conscience écologique. En effet, plusieurs cryptomonnaies comme Tezos ou EOS ont décidé d’adopter un mode de validation moins gourmand en énergie, tel que la preuve d’enjeu (proof stake). D’autres, peu connues du grand public, ont déjà réfléchi à des modes de fonctionnement alternatifs, moins gourmands en énergie et à un engagement fort pour l’environnement. C’est par exemple l’objectif de SolarCoin, qui vise à soutenir financièrement des projets liés à la transition énergétique. Une autre cryptomonnaie de ce type est l’ECO coin, qui récompense monétairement une personne pour ses efforts accomplis pour le développement durable.

Mais ce type d’initiatives est encore loin de contrebalancer les impacts des plus grosses cryptomonnaies comme le Bitcoin. A voir comment le projet Terra Pool évolue et s’il peut réellement changer la donne du fardeau énergétique des cryptomonnaies les plus prisées. Affaire à suivre donc…

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