Comment les extrémistes récoltent des fonds ?
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Comment les extrémistes récoltent des fonds ?

Le centre fédéral de renseignement financier prévient que les extrémistes violents motivés par des causes telles que la haine raciale se tournent de plus en plus vers les monnaies virtuelles pour collecter des fonds.

Dans un bulletin spécial publié récemment, le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada indique que cette évolution intervient alors que les médias sociaux et les plateformes de crowdfunding répriment les efforts des extrémistes pour promouvoir leurs idées et collecter des fonds.

Le centre, connu sous le nom de Fintrac, tente de repérer les espèces liées au terrorisme et au blanchiment d’argent en passant au crible des millions d’informations fournies chaque année par les banques, les compagnies d’assurance, les courtiers en valeurs mobilières, les entreprises de transfert de fonds, les courtiers en immobilier, les casinos et autres.

Toutefois, le centre a retardé la publication du bulletin par respect pour la famille musulmane agressée dans une attaque mortelle au véhicule dans le sud-ouest de l’Ontario.

Le bulletin souligne que les cibles des actes de violence motivés par l’idéologie, tels que les incendies criminels, les agressions et les homicides, comprennent les personnes de confession islamique et juive, les personnes de couleur, les femmes, les peuples autochtones et les membres des communautés LGBTQ2.

Des individus et des groupes utilisent l’internet pour perpétuer des tropes racistes et misogynes sur les médias sociaux qui alimentent des récits plus larges associés aux théories du complot et aux mouvements anti-gouvernementaux, ajoute le rapport.

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Ces dernières années, les plateformes de crowdfunding en ligne et les sites de médias sociaux ont commencé à restreindre les activités de collecte de fonds et de promotion liées aux extrémistes à motivation idéologique, ce qui a incité ces derniers à chercher d’autres débouchés.

Ces plateformes sont généralement plus petites que les plateformes traditionnelles et ne disposent pas toujours des ressources nécessaires pour surveiller et mettre un terme aux activités, prévient le bulletin.

Des restrictions accrues imposées aux plateformes en ligne

Les extrémistes ont encouragé leurs adeptes à leur envoyer de l’argent par courrier, chèque ou mandat. Ils ont également commencé à s’appuyer sur les monnaies virtuelles pour collecter des fonds.

« Les acteurs de la menace utilisent principalement les dons en monnaie virtuelle pour financer leurs efforts de propagande et de recrutement », indique le bulletin.

L’analyse par le centre des transactions financières suspectes liées à l’extrémisme à motivation idéologique a révélé que la plupart étaient concentrées en Alberta, en Colombie-Britannique et en Ontario.

À l’échelle internationale, les extrémistes motivés par une idéologie ont recueilli des fonds par la vente de marchandises, l’organisation d’événements tels que des conférences et des concerts, le crowdfunding, l’imposition de frais d’adhésion et l’acceptation de dons, indique le bulletin.

Ils ont également eu recours au « trafic de drogue, au trafic d’armes et aux vols pour financer leurs opérations ».

L’argent est utilisé pour recruter de nouveaux membres, s’engager dans des activités quotidiennes et mener à bien des efforts de promotion, comme la réalisation de vidéos, précise le bulletin.

Les extrémistes solitaires se procurent leurs propres fonds, en utilisant leurs économies, leurs revenus d’emploi ou l’argent de leur famille et de leurs amis. « Rien n’indique dans les rapports que les membres de la famille étaient conscients que les fonds seraient utilisés pour une action violente. »

De nombreux acteurs solitaires ont envoyé des transferts d’argent à des tiers inconnus et certains ont utilisé leurs propres fonds pour acheter des armes, soit par le biais de chaînes de magasins en ligne, soit en personne.

Le centre a également constaté que des personnes au Canada pouvaient financer des réseaux extrémistes internationaux sans être nécessairement membres de groupes organisés eux-mêmes, en utilisant généralement des sociétés de traitement des paiements et des entreprises de services monétaires pour effectuer les transferts.

« Même si ces transactions avaient tendance à être de petits transferts récurrents vers plusieurs nœuds du même réseau international dans différents pays, elles totalisaient des montants importants. »

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