La technologie blockchain au service du pass sanitaire
Actus, Autres

La technologie blockchain au service du pass sanitaire

On en parle à la télévision, sur les réseaux sociaux et les sites d’information. Il est au cœur de toutes les discussions. Le passeport sanitaire déchaîne les passions. Depuis quelques jours, il prend des allures de vaccin obligatoire. Lundi 12 juillet dernier, Emmanuel Macron annonce aux Français une série de mesures. Objectif : inciter la population à se faire massivement vacciner contre la Covid 19. Le pass sanitaire devient, dès le début du mois d’août, le sésame obligatoire pour accéder à tous les lieux publics et culturels. Que l’on soit favorable ou non au passeport sanitaire et à l’obligation vaccinale, l’attestation vaccination covid pose de nombreuses questions : comment fonctionne son format QR code ? Qu’en est-il de la confidentialité et la sécurité des données médicales et personnelles ? Et si la technologie blockchain apportait des réponses inespérées, attendues et efficaces ?

Le pass sanitaire pour qui ? Comment ?

Attestation Covid numérique ou sur papier, le passeport sanitaire comment ça marche ?

Il est entré en vigueur le 9 juin 2021. Il s’étend à tous les lieux accueillant plus de 50 personnes depuis le 21 juillet. Le passeport sanitaire consiste à présenter une attestation numérique (via l’application TousAntiCovid) ou sur papier, apportant une preuve de santé vous concernant. Les voici : 

  • Un schéma vaccinal complet (7 jours après la double injection des vaccins Pfizer, AstraZeneca et Moderna, ou une dose unique si vous avez un antécédent de Covid 19, 4 semaines après avoir reçu une dose unique du Johnson & Johnson) ;
  • Un test PCR ou antigénique négatif de moins de 48 heures ;
  • Le résultat d’un test PCR positif datant d’au moins 11 jours et de moins de 6 mois. Celui-ci atteste de votre rétablissement de la Covid 19.

Bien sûr, le pass français est conforme au certificat numérique Covid européen qui vous permet de voyager. Pour cela vous devrez présenter un QR code contenu dans le carnet de TousAntiCovid, sur votre smartphone.

Comment fonctionne le pass sanitaire ? Découvrez les avantages de la technologie blockchain. #PassSanitaire #blockchain Cliquez pour tweeter

Passeport sanitaire : Si-Dep et TousAntiCovid centralisent les données

Les serveurs contiennent des informations sensibles

Mais ne vous y trompez pas. Même si l’on parle de papier, tout est informatisé. L’attestation sur feuille correspond en réalité à l’impression d’un document numérisé. Que vous récupériez votre certificat de vaccination Covid sur le « portail patient » de l’Assurance Maladie ou les résultats de votre test PCR sur le portail Si-Dep, ces informations restent centralisées dans des bases de données massives. Il va de soi que les serveurs sont sécurisés. Mais ils contiennent des informations sensibles,  désormais accessibles à un nombre important de personnes, du domaine privé (cinémas, parcs d’attraction…) ou public (écoles, hôpitaux…). 

Les limites des systèmes centralisés

La mise en place et l’application de dispositifs tels que Si-Dep ou TousAntiCovid et d’un QR code vaccination est inédite en France. Il en va de même pour la limitation d’accès à des lieux de la vie quotidienne. Si ces mesures ont tout d’une obligation vaccinale, elles posent également la question de leur pérennité et de la gestion des données personnelles. Où est passé le Règlement européen sur la protection des données personnelles, le fameux RGPD ? Mis en application le 25 mai 2018, n’est-il pas censé assurer la protection de mes données ? Et avec leur gestion centralisée, et donc un administrateur unique, est-il possible de modifier mes données ? Que devient la confidentialité, en particulier de mon dossier médical ? Ces sites peuvent-ils être piratés ? 

Pass sanitaire : et si les solutions se trouvaient dans la blockchain ?

Dans ces conditions, la technologie blockchain, que l’on connaît bien dans l’univers des cryptomonnaies, pourrait-elle apporter des solutions ? Pourrait-on résoudre les difficultés liées à la centralisation des données utilisées pour cette vaccination obligatoire déguisée ?

C’est quoi la blockchain ?

La blockchain est, elle aussi, une technologie numérique de transmission et de stockage d’informations, développée en 2008. Elle entraîne alors avec elle la naissance de la plus célèbre des cryptomonnaies : le bitcoin.

La décentralisation, l’arme absolue de la blockchain

Mais à l’inverse des processus informatiques de gestion du passeport vaccinal, elle est totalement décentralisée. Ce sont des ordinateurs reliés en peer-to-peer – c’est-à-dire en réseau dans lequel chaque client devient un serveur et inversement – qui vont effectuer les calculs cryptographiques. Ensuite, ils enregistrent les transactions et/ou les données, sans aucun contrôle centralisé ou intermédiaire. 

Comment ça marche concrètement ?

Pour accéder à la blockchain, chaque partie impliquée dans une transaction reçoit une identification par un procédé cryptographique. C’est une sorte de clé de chiffrement. Ensuite, si l’on devait comparer la blockchain à un grand livre de compte, le bloc en serait une page, qui contient des milliers de données chiffrées. Chaque nouveau bloc ajouté à la blockchain est lié au précédent. Impossible, donc, d’en modifier un sans toucher au précédent. Une copie est transmise à tous les « nœuds », autrement dit les ordinateurs du réseau. L’intégration est chronologique, indélébile et infalsifiable. Sécurité garantie !

Exemples d’utilisation de la blockchain

Si les cryptomonnaies restent l’exemple le plus connu et répandu de l’utilisation de la blockchain, cette technologie permet en réalité de stocker à peu près tout :  transactions financières, contrats, informations de la chaîne d’approvisionnement et données médicales, bien sûr. En théorie, la blockchain pourrait optimiser tout processus d’enregistrement, de stockage et de vérification des informations. Certains secteurs économiques l’ont déjà adoptée.

Dans le domaine des assurances, par exemple

Insure Wave est une plate-forme d’assurance pour les bateaux, basée sur la Blockchain. Avec 500 000 transactions automatisées et la gestion des risques d’un millier de navires commerciaux par an, Insure Wave fournit des informations en temps réel aux assurés et aux assureurs : emplacement et état des navires, risques potentiels…

Le groupe Carrefour en France l’utilise pour la traçabilité de ses produits

En 2019, Carrefour se saisit de la technologie blockchain pour l’appliquer à certaines de ses filières qualité dont le poulet d’Auvergne ou le saumon de Norvège. Comme l’explique la marque : « appliquée au secteur alimentaire, la blockchain permet de stocker les informations relatives au produit : sa provenance, son lieu d’élevage ou son mode de production. Elle garantit aux consommateurs une transparence complète sur le circuit suivi par les produits ». À l’été 2021, cette méthode est étendue à la filière textile de la marque.

Médecine et blockchain

Alors résumons : la blockchain permet d’enregistrer, de crypter et de sécuriser des informations numériques, quelles qu’elles soient et en toute transparence. Tout passe par un système de chaîne de blocs, totalement décentralisé. Impossible de modifier les informations ou d’accéder aux blocs, sans toucher à tous les autres. Vous voyez où l’on pourrait en venir côté Covid 19, vaccination obligatoire, QR code et autre attestation numérique coronavirus ?

Les avantages liés à la technologie dans le monde de la médecine

Les bénéfices que la médecine et tous ses acteurs pourraient retirer de la technologie blockchain sont très nombreux :

  • la sécurité : la décentralisation augmente le niveau de sécurité des données.  La technologie rend le piratage impossible.
  • l’immuabilité des informations enregistrées et cryptées
  • l’interopérabilité entre tous les professionnels de santé
  • l’accessibilité et la transparence sur leurs propres informations pour les patients
  • la traçabilité des produits pharmaceutiques…

La confidentialité médicale respectée dans le cas du pass sanitaire

La technologie blockchain pourrait bien être un moyen de relever les défis, notamment en matière de confidentialité, liés à la délivrance du passeport sanitaire obligatoire. Une blockchain décentralisée peut stocker le dossier de santé d’un individu de manière sécurisée et privée. Les caractéristiques cryptographiques de la blockchain confirment uniquement qu’une personne possède un test négatif ou 2 doses de vaccin. La confidentialité des autres données personnelles peut être ainsi préservée.

Conclusion

La technologie blockchain (que l’on connaît bien dans le monde de la cryptomonnaie) est totalement décentralisée. Elle s’utilise aujourd’hui de plus en plus dans d’autres domaines : assurances, industrie automobile, produits de grande consommation… La surveillance de la chaîne d’approvisionnement des vaccins et les dossiers de santé numériques sécurisés ne comptent que parmi une multitude d’applications possibles. Après la médiatisation de ses avantages pour le pass sanitaire, ce n’est qu’une question de temps avant que la blockchain ne se généralise davantage encore.

Comments are off this post!