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Après le flash-crash du 19 mai dernier, la saga Bitcoin continue !

Après plusieurs mois de « bull run » et un prix plus haut que jamais, la descente s’avère pleine de rebondissements pour Bitcoin. Si la Chine est cette fois-ci à l’origine du flash-crash du 19 mai, Elon Musk ne pouvait pas rester sur la touche. Le milliardaire a réussi à stabiliser le cours de la cryptomonnaie grâce à de nouveaux tweets. La saga continue. 

 

2021 : Bitcoin sur des montagnes russes

 

Un début d’année mouvementé

L’année 2021 avait très bien démarré pour la cryptosphère, Bitcoin en tête. Le roi des cryptomonnaies a même dépassé son record le mois dernier, atteignant un ATH (« all time high ») de 64 941 d’euros le 14 avril. 

Pourtant, le « bull run » (tendance à la hausse) a très rapidement cédé la place à une baisse vertigineuse du cours du Bitcoin à partir du mois de mai. Ce qui donnerait presque raison au vieil adage anglais « sell in may and go away » (« vendez en mai et partez »), lequel fait référence au déclin saisonnier qui frappe parfois les marchés financiers à cette période de l’année. 

Cependant, le cours en montagnes russes du Bitcoin n’a rien à voir avec la saison. En l’occurrence, ce serait plutôt Elon Musk qui contrôlerait la météo du jeton. 

Le 12 mai dernier, le milliardaire excentrique avait annoncé que Tesla n’acceptait plus le paiement en bitcoins pour ses voitures électriques. Alors que le cours de la cryptomonnaie se maintenait depuis plusieurs mois à des sommets vertigineux, il est passé en dessous de la barre des 40 000 euros dès le 13 mai. Une chute dont le roi des cryptomonnaies a encore du mal à se remettre.

 

cours bitcoin

 

Le flash-crash du 19 mai

Au milieu de cette tendance baissière, un flash-crash a encore altéré le cours du Bitcoin, qui est descendu à 26 251 euros le 19 mai dans l’après-midi. Cela représente une chute de 30% du cours par rapport à l’ATH d’avril dernier. 

Pour une fois, Elon Musk n’était pas le responsable de cette chute éclair du cours. La raison se trouve du côté de la Chine, dont plusieurs organismes d’autorégulation ont publié une déclaration le 18 mai dernier. Son contenu portait sur la régulation des transactions en cryptomonnaies et stipule notamment que : 

[leur volatilité] porte gravement atteinte à la sécurité des biens des personnes et perturbe l’ordre économique mondial

Le communiqué a été rédigé par la China Banking Association (CBA), la National Internet Finance Association of China (NIFA), ainsi que de la Payment and Clearing Association of China (PCAC).

L’agence de presse Reuters s’est empressée de publier un article au sujet de l’annonce des institutions chinoises. Son contenu avait de quoi semer la panique au sein de la cryptosphère : il indiquait que la Chine bannissait les cryptomonnaies et mettait en garde les investisseurs quant à la crypto-spéculation

Il n’en fallait pas plus pour créer un « panic sell » auprès des détenteurs de bitcoins, qui ont vendu leurs actifs à la vitesse de l’éclair, provoquant le flash-crash du 19 mai.

 

cours du bitcoin

 

Elon Musk : encore un Deus Ex Machina

Si le milliardaire passionné de l’espace n’est pas à l’origine du flash-crash, il a cependant contribué à la stabilisation du cours juste après le « panic sell ».

L’évènement se passe – sans surprise – sur Twitter, le réseau social préféré du « Dogefather ». 

Elon Musk y a posté deux tweets pour le moins cryptiques, qui ont eu pour effet de remonter le prix du cours de 2000 dollars en dix minutes

 

Elon Musk

Sur le premier tweet, on peut lire « Tesla a des mains de diamants » en émojis. L’expression « diamond hands » est utilisée sur les marchés financiers pour désigner une personne qui maintient sa position malgré la volatilité d’un actif. Avec ce tweet, Elon Musk confirme ce qu’il avait déclaré après avoir suspendu les paiements en bitcoins pour Tesla : il ne soldera pas les bitcoins de la société. Cela signifie qu’il croit toujours en Bitcoin, et qu’il pense que ses détenteurs devraient conserver leurs jetons. 

Le deuxième tweet est beaucoup moins clair. Elon Musk y remercie le « Master of coin » de Tesla, c’est-à-dire Zachary Kirkhorn, son directeur financier. Si vous ne le saviez pas encore, le milliardaire a déposé ce nouveau titre de manière très officielle auprès de la SEC (l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers). En plus de nommer son directeur financier « Master of coin », il avait lui-même endossé le titre de « Technoking » de Tesla. Ce deuxième tweet possède-t-il un sens caché ? Impossible d’en être sûr.

 

Quelle est la position réelle de la Chine face aux cryptomonnaies ?

Est-ce vraiment un « ban » de la Chine ? En réalité, les institutions chinoises n’ont fait que rappeler l’existence de plusieurs lois anti-spéculation publiées par la PBoC (banque centrale chinoise) en 2013 puis en 2017.

En 2013, la PBoC avait demandé aux échanges chinois de cesser d’accepter les transactions de bitcoins, en déclarant que les jetons sont « des biens virtuels qui n’ont pas de statut juridique ou d’équivalent monétaire et ne devraient pas être utilisés comme monnaie ». 

Après cette interdiction partielle, la PBoC a entamé une répression plus sévère en 2017. Si elle n’a pas banni complètement les cryptomonnaies, elle a cependant interdit les ICO (Initial Coin Offering), c’est-à-dire les levées de fonds utilisant les monnaies virtuelles. 

Malgré ces réglementations liées au Bitcoin, il est important de savoir que la Chine n’est pas du tout fermée à l’utilisation des cryptomonnaies et de la blockchain. Le pays continue d’ailleurs de truster le minage du Bitcoin et représente la moitié de la puissance de calcul (« hashrate ») nécessaire au minage de ses blocs. Il faut dire qu’en plus d’avoir un climat idéal, la Chine est un pays technophile et propose une électricité à bas coût. 

Cependant, selon certains observateurs, le pouvoir politique Chinois ne verrait pas la généralisation des cryptomonnaies d’un bon œil, notamment parce qu’elle entraînerait une perte de contrôle.

En effet, les cryptomonnaies se basent sur un réseau décentralisé, qu’il est difficile de maîtriser. Ce système est incompatible avec la politique chinoise. 

Nous vous parlions très récemment du yuan numérique, que la Chine souhaiterait mettre en place dès l’année prochaine. Il s’agirait de la première cryptomonnaie diffusée par un État et qui équivaudrait en tout point à la monnaie nationale. Ce projet peut tout à fait s’interpréter comme une tentative pour conserver le pouvoir sur les monnaies virtuelles. 

De même, le pouvoir chinois a interdit le minage du Bitcoin en Mongolie inférieure il y a deux mois, après avoir stoppé les subventions visant à réduire le coût de l’électricité dans cette région autonome. Si la Chine a invoqué des raisons environnementales (le charbon étant toujours majoritairement utilisé), ces restrictions prouvent la volonté de limiter le minage des cryptomonnaies pour garder la situation sous contrôle.

 

Conclusion

La cryptosphère semble avoir interprété les annonces d’Elon Musk comme un soutien à Bitcoin, étant donné que son cours est remonté très rapidement après la publication de ses tweets. La panique du 19 mai est passée, mais le roi des cryptomonnaies a tout de même vu son prix chuter considérablement en un mois seulement. Le marché devrait avoir du mal à reprendre ses esprits, et il est possible qu’une courte pause cède la place à un rebond salvateur dans les semaines à venir. Les annonces des institutions chinoises sonnent quant à elles comme des redites de déclarations passées. La position de la Chine face aux cryptomonnaies reste inchangée, si bien que le flash-crash semble démesuré par rapport au contenu du communiqué. Quoiqu’il en soit, l’année 2021 promet d’être encore riche en rebondissements pour Bitcoin.

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